Le mariage Viking

À la demande d'une futur mariée dont le thème est le mariage Viking, j'ai effectuer quelques recherches. Il s'agit d'un premier billet sur ce thème. Un prochain verra le jour sous peu.


Le jour traditionnel pour les mariages dans la tradition nordique était le vendredi, jour sacré de la déesse Frigga.


En outre, la date du mariage aurait été limitée par les conditions climatiques. Le voyage pour les invités et les noces elle-même aurait été difficiles ou même impossible pendant les mois d'hiver. La célébration des noces était fréquemment l'affaire d'une semaine, et donc des vivres en quantité suffisante devaient être disponibles, imposant une date proche du temps des récoltes. Les conditions légales pour officialiser un mariage impliquaient que les jeunes mariés boivent ensemble la bière des noces, ou généralement de l'hydromel, ce qui signifiait que le miel devait être disponible pour élaborer la boisson et dans des quantités suffisantes pour que le couple puisse la partager ensemble jusqu'à un mois après le mariage, lors de "la lune de miel". La plupart des mariages, en tenant compte de tous ces facteurs, se déroulaient probablement vers la fin de l'été jusqu'à la première partie de l'hiver.


Les préparatifs de la cérémonie de noces



Suivant le mode du rite de passage, les jeunes mariés devaient subir une préparation rituelle visant à les détacher l'un comme l'autre de leur ancien statut de célibataires et à les préparer à leur nouveau rôle d'époux. Cette transition pouvait être beaucoup plus extrême pour une femme, puisqu'elle passait non seulement du statut de femme à celui d'épouse, mais aussi dans bien des cas du statut de jeune fille à celui de mère.


La future mariée


On isolait probablement la promise avant la noce avec des femmes préposées - vraisemblablement sa mère, d'autres femmes mariées et peut-être une gyðja - afin de superviser les préparatifs. Pour symboliser de manière ostensible la perte de son ancien statut de jeune fille, on pouvait lui ôter ses vieux vêtements et tout symbole de son statut de célibataire comme le kransen, un cercle doré porté sur la chevelure par les filles de bonnes familles scandinaves à l'époque médiévale qui était un signe apparent de leur virginité Le kransen était solennellement enlevé par les préposées et mis de côté pour la future épouse jusqu'à la naissance de sa propre fille.


L'étape suivante des préparatifs de la promise consistait en une visite aux bains publics, l'équivalent scandinave du sauna finlandais, qui disposait de récipients en bois emplis d'eau, de savon pour se laver et d'un bain de vapeur fonctionnant grâce à des pierres chauffées aspergées d'eau pour produire la vapeur dans laquelle les baigneurs s'abandonnaient. Le symbolisme du bain à vapeur impliquait pour la future épouse autant le "dépouillement" du statut de jeune fille, qu'une purification pour la préparer au rituel religieux du jour suivant. Dans la chaleur du bain, les préposées de la future jeune mariée l'informaient sur les devoirs d'une femme, les observances religieuses à suivre, la conseillant sur les meilleures façons de vivre avec un homme, et d'autres enseignements de ce genre. Une partie du contenu de ces enseignements pouvait faire référence aux collections de sagesse gnomique telles que les vers conservés dans Sigrdrífumál, qui touchent à la connaissance magique nécessaire à la ménagère et aux façons de conseiller et guider son mari. L'étape finale du bain de vapeur, une plongée dans l'eau fraîche ou froide pour refroidir le baigneur et fermer les pores de la peau, achevait le nettoyage. L'eau de rinçage faisait aussi partie du rituel des noces par l'ajout d'herbes, de fleurs ou d'huiles, non seulement dans le but de parfumer l'eau, mais aussi pour accroître la puissance magique purifiante du rite via les pouvoirs aphrodisiaques de ces additifs supposés encourager la fertilité.


Les derniers préparatifs de la future jeune mariée impliquaient l'habillement pour la cérémonie. La promise ne portait apparemment pas de tenue spéciale comme c'est le cas dans les mariages aujourd'hui. Les cheveux de la future jeune mariée étaient laissés libres: la cérémonie des noces et le banquet étaient la dernière fois où elle portait ses cheveux déliés et découverts. Pour remplacer le kransen dans ses cheveux de jeune fille, la future mariée portait la couronne de noces, un héritage gardé par sa famille et porté seulement pendant ces festivités. Une représentation fictive moderne décrit une de ses couronnes comme étant faite d'argent, se terminant par des pointes représentant en alternance des croix et des feuilles de trèfle, avec du cristal de roche et des galons de fils de soie rouge et verte. Bien qu'aucune source passée en revue n'ait confirmé l'utilisation de la couronne de noce lors de la période viking païenne, elle était en usage au Moyen Âge, en Scandinavie, et l'époque de cette coutume est également certifiée dans la tradition germanique continentale de la Fête de Sainte Lucy, une jeune fille surnommée "Lucy la Mariée" et parée d'une couronne ornementée de bougies allumées.


Le futur marié


Comme sa promise, le futur marié faisait l'expérience des fonctions du rite de passage, y compris la rupture et le changement de son ancienne identité. Les préposés du marié étaient son père, ses frères mariés, d'autres hommes mariés et peut-être un goði. Puisque les hommes ne portaient pas de signe ostentatoire de leur célibat, le déplacement symbolique de leur ancienne identité suivait un rituel fort différent de celui suivi par la future jeune mariée. L'homme était dans l'obligation d'obtenir une épée d'héritage appartenant à un ancêtre décédé afin de l'utiliser plus tard dans la cérémonie de noces. Il y avait une tradition récurrente dans les sagas qui consistait en des violations de tumuli pour s'approprier une épée appartenant à un ancêtre décédé, et la donner à un fils de la famille. Ceci était en effet un rituel puissant de séparation et de destruction de l'identité de l'homme célibataire, avec la descente dans le tumulus pour s'emparer de l'épée semblable à une mort symbolique et une renaissance. Si un tumulus approprié n'était pas disponible, l'épée d'héritage pouvait être dissimulée par les parents du marié dans un tumulus factice. Ceci fournissait une occasion pour le promis d'être confronté à un homme déguisé en fantôme, ou aptrgangr de son ancêtre, qui pouvait procéder à l'instruction du jeune homme en lui rappelant son histoire familiale et ses origines, l'importance de la tradition et le besoin de poursuivre la lignée. Sinon, l'épée que le marié devait se procurer pouvait au lieu de cela être obtenue d'un parent vivant, avec une transmission complète de l'histoire familiale : les sagas ne sont pas claires sur ce point et nulle part n'est vraiment décrit la violation des tombes comme une composante de la cérémonie de noces.


Une fois obtenu son épée, il se rendait ensuite aux bains comme la future mariée l'avait fait avant lui. Là, le marié se dépouillait aussi symboliquement de son statut célibataire en se lavant et se purifiait pour la cérémonie de noces. Son instruction sur les devoirs d'un mari et d'un père par ses préposés pouvait inclure des informations recueillies d'après des sources comme le Havamal, qui conseille les jeunes hommes dans leurs relations avec les femmes, non seulement en les mettant en garde contre leurs humeurs inconstantes, mais aussi en les informant sur les façons de gagner l'amour d'une femme et de vivre agréablement avec elle. Après le bain, le promis pouvait alors être paré pour le mariage. A nouveau, aucune tenue vestimentaire spéciale n'est clairement définie pour le marié, hormis qu'il portait son épée nouvellement acquise pendant la cérémonie et pouvait également porter avec lui un marteau ou une hache symboles du dieu Thor, avec l'intention de signifier sa maîtrise dans l'union et d'assurer un mariage fécond.




La cérémonie de mariage


Une fois que tous les préparatifs étaient achevés, tout était prêt pour le mariage lui-même, le jour de Frigga, soit le vendredi. La première chose à l'ordre du jour était l'échange de la dot et du mundr devant témoins. Une fois que les considérations financières étaient réglées, la cérémonie religieuse pouvait alors avoir lieu. Bien que de petits temples familiaux semblent avoir existés, la cérémonie était probablement tenue au grand air, soit dans un espace dégagé soit dans un site tel qu'un bosquet (ou vé) que l'on considérait sacré. Tenir la cérémonie à ciel ouvert aurait non seulement offert une meilleure visibilité pour les invités de la noce et les témoins, mais aurait aussi été plus approprié pour un rite invoquant les déités de la fertilité et du mariage. La jeune mariée était escortée à l'emplacement choisi, précédée par un jeune parent portant une épée qui serait son cadeau de noces à son nouveau mari.





La première partie du rituel religieux était conçu pour convoquer l'attention des dieux et des déesses via l'invocation et éventuellement faire un sacrifice. Si un sacrifice devait être tenu, un animal approprié aux dieux de la fertilité était probablement sélectionné : un bouc pour Thor, une truie pour Freyja, un verrat ou un cheval pour Freyr. Il est possible qu'au lieu de sacrifier un tel animal, il ait été consacré vivant au Dieu comme un cadeau et conservé ensuite en tant que bête sacrée.


Lors du sacrifice, le goði ou la gyðja exécutait le rituel en tranchant la gorge de l'animal et en récupérant ensuite le sang dans un bol consacré (de nos jours, les pratiquants de l’Ásatrú, appelés Ásatrúar, utilisent généralement de l'hydromel en lieu et place du sang issu d'un sacrifice). La chair de l'animal sacrifié servait par la suite à une partie du banquet de noces. Le bol était alors placé sur un autel (ou horgr) construit de pierres entassées et un paquet d'aiguilles de pin étaient trempés dans le liquide. Ces aiguilles, connues sous le nom de hlaut-teinn, étaient alors utilisées pour asperger le couple nuptial et les invités assemblés afin d'attirer les bénédictions des dieux sur eux (ceci pouvait être réalisé en déplaçant le hlaut-teinn de manière à former "le signe du marteau" en un mouvement court vers le bas suivi d'un mouvement rapide de gauche à droite. Ceci devait effectivement asperger de liquide quiconque se trouvait en face du geste. Il est étonnant de constater combien un petit paquet d'aiguilles de pin peut retenir de liquide. Si cela est fait correctement, une quantité très infime de liquide frappe chacun des observateurs assemblés.





Ensuite, le marié présentait à sa jeune épouse l'épée de ses ancêtres qu'il s'était récemment procurée. La jeune mariée devait tenir cette épée dans l'espoir de la remettre un jour à son fils, de même que cela était pratiqué par des tribus germaniques comme le décrit Tacite : "elle reçoit quelque chose qu'elle doit remettre intact et non déprécié à ses enfants, quelque chose qu'elle remettra aux femmes de ses fils à leur tour et qui se transmettra à leurs petits-enfants". Elle donnait alors à son mari l'épée qui l'avait précédée à la cérémonie. "Cet échange de cadeaux caractérise pour eux l'obligation la plus sacrée de l'union, sanctifiée par des rites mystiques sous la faveur des divinités présidant tout mariage". L'épée héritée symbolisait les traditions familiales et la continuité de la lignée, tandis que l'épée donnée au marié par son épouse symbolisait le transfert du pouvoir de tutelle et de protection du père sur la jeune mariée à son nouveau mari.





Après l'échange d'épées, les jeunes mariés échangeaient des anneaux comme nous le pratiquons aujourd'hui. Ces anneaux pouvaient rappeler l'anneau de bras sacré du temple sur lequel les serments étaient jurés. Ceux-ci pouvaient être aussi davantage consacrés en les plaçant sur le horgr pour renforcer le lien entre le concept du cercle infini de l'anneau sacré et la nature incassable du vœu.


On présentait l'anneau de la jeune mariée sur la poignée de la nouvelle épée du marié et il en allait de la même façon pour ce dernier : cette juxtaposition de l'épée et des anneaux plus loin "souligne la sacralité du contrat entre l'homme et la femme et la nature de l'engagement qu'ils prennent ensemble, de sorte que l'épée n'est pas une menace pour la femme seule, mais envers quiconque briserait le serment ". Avec les anneaux à leurs doigts et leurs mains jointes sur le pommeau de l'épée, le couple échangeait alors ses vœux mutuels.


Le banquet de mariage


Après la conclusion de la cérémonie de noces venait le bruð-hlaup ou "la course de la mariée", qui peut aussi être mise en relation avec le bruð gumareid ou "la promenade des jeunes mariés". Durant la période chrétienne, cela consistait en des cortèges solennels séparés entre d'une part la famille et les proches de la jeune mariée et d'autre part l'entourage du marié jusqu'à la salle du banquet de noces. Néanmoins le terme de "course de la mariée" peut indiquer qu'en des temps païens, ce cortège consistait en une course réelle comme c'est le cas aujourd'hui dans certaines zones de la Scandinavie rurale. Le groupe arrivé en dernier à la salle devait servir toute la nuit durant la bière aux membres de l'autre groupe.


Quand la jeune mariée parvenait à la porte de la salle, elle était arrêtée par le marié qui bloquait l'entrée dans la maison avec son épée découverte mise en travers de la porte (Ellis-Davidson. Ceci permettait au marié de mener sa nouvelle femme dans la salle, s'assurant qu'elle ne trébucherait pas sur le seuil. Les maisons médiévales, à la différence de celles d'aujourd'hui, avaient souvent une marche surélevée à l'embrasure pour arrêter ou ralentir les courants d'air froid, et qui devait être franchie pour passer la porte. La superstition concernant le passage du seuil par la jeune mariée était répandue partout dans le monde païen, car un seuil était un portail entre deux mondes. Franchir le seuil symbolisait la traduction littérale du passage de la jeune mariée de sa vie de jeune fille à celle de femme. On pensait que les esprits se réunissaient autour de l’embrasure d'une porte et il y a des allusions, dans la tradition païenne scandinave, au seuil des maisons comme réelle sépulture du fondateur de la ferme gardant la porte contre les mauvais esprits. Ainsi il était très important que la jeune mariée ne tombe pas au moment où elle passait la porte, car cela aurait été un présage de malheur extrême.


Une fois dans la salle, le marié plongeait son épée dans l'arbre-pilier, soit un pilier de soutien de la maison, afin "d'évaluer la chance du couple par la profondeur de la cicatrice ainsi faite". Cette tradition est à mettre en relation avec le concept du barnstokkr, l'arbre héritage de la famille, "l'arbre à enfant" qui était "étreint par les femmes de la famille au moment de l'accouchement". Ainsi cette coutume reflétait la manifestation de la virilité du marié et "la chance" d'agrandir la famille par les enfants fruits de cette union.





Ces préliminaires effectués, le banquet commençait. La partie la plus importante du banquet était le cérémonial consistant à boire la bière nuptiale, une autre des conditions légales exposées par Grágás pour que le mariage soit considéré valable. Ici, la nouvelle femme assumait pour la première fois le principal de ses devoirs officiels en tant que femme du foyer: le service cérémonial de la boisson. Elle pouvait présenter l'hydromel à son mari dans un récipient tel que le kåsa suédois, semblable à un bol muni de poignées de chaque côté en forme de têtes animales, ou de têtes et de queues d'oiseaux. Une variante du kåsa est toujours utilisée aujourd'hui pour des trophées et connue sous le nom de "coupe de l'amitié". En présentant cette "tasse" d'hydromel à son mari, la jeune mariée récitait quelques vers solennels dans le but de conférer santé et vigueur au buveur, comme ceux-ci retranscrits par le Sigrdrífumál:


La bière que je vous apporte, vous le chêne-de-bataille,

se mêle à la force et à l'honneur le plus brillant;

Elle, faite de chants magiques et puissants,

De charmes gracieux, de runes exauçant les souhaits.


Quand il s'emparait de la tasse, le marié consacrait la boisson à Thór, peut-être en faisant le signe du marteau. Avant de boire, le marié portait un toast à Óðinn, buvait ensuite par petits coups et passait la tasse à sa nouvelle femme, qui portait un toast à Freyja avant de boire. En buvant ensemble, les jeunes mariés faisaient cela au regard de la loi et des dieux, affirmant symboliquement leur nouvelle parenté. Une goutte ou deux du sang du sacrifice du matin peuvent aussi avoir été mélangés à l'hydromel, renforçant davantage la notion de couple à présent uni. Le couple continuait officiellement à boire l'hydromel ensemble pendant quatre semaines pleines, tant le miel dans la boisson et les abeilles qui ont produit le miel étaient tous deux associés à la fertilité et à la santé dans le monde païen de la Scandinavie.


Une fois le couple assis ensemble, la fertilité du couple était assurée en sanctifiant la jeune mariée avec Mjöllnir, le marteau de Thor. Ceci était exécuté par le mari, ou par un goði (prêtre), mais dans tous les cas on procédait en posant le marteau sur les genoux de la jeune mariée, attirant ainsi la bénédiction du dieu sur ses organes reproducteurs, et en invoquant Frigga, la déesse de la maternité, comme dans le rituel ordonné dans Þrymskvida:


Amenez le Marteau pour bénir la jeune mariée :

Sur les genoux de la jeune fille déposez Mjolnir;

Au nom de Vor [Frigga] alors sanctifiez notre mariage!



Après cette cérémonie, la fête et les réjouissances entamées duraient tout le restant de la semaine. Danse, lutte ou concours d'insultes assuraient le divertissement pour les invités, tandis que certains des participants présentaient les lygisogur, les si bien nommées "histoires du coucher" qu'ils avaient composées pour l'occasion, mettant en avant des histoires de gens célèbres, une sélection de poésies, de romance et de surnaturel, traitant souvent du thème du mariage.


La nuit de noces


Les draps et la literie étaient une partie de l' heiman-fylgja de la mariée

Pour remplir les conditions légales du mariage, le marié devait être mis au lit avec sa femme, mené par des témoins, "dans la lumière." La loi est peu claire sur la signification de ce point : on ne sait si le couché avait lieu en plein jour, ou si le marié était mené au lit de sa femme à la lueur des torches. Le but de la loi était d'assurer que les six témoins légaux soient en mesure d'identifier les deux jeunes mariés, donc de n'avoir aucun doute s'ils étaient appelés plus tard à témoigner de la validité du mariage. Comprendre "à la lueur des torches" est probablement plus approprié: il semble logique de supposer que le couché avait lieu après un long jour consacré à la cérémonie et à la fête. Avant l'arrivée du marié, la jeune épouse était placée dans le lit par ses femmes préposées. Des guldgubbes, des petites plaques d'or représentant des petites figures de couple (parfois l'union du Dieu Freyr avec la géante Gerd) étaient utilisées pour décorer le lit ou les vêtements de nuit de la jeune mariée, de nouveau en gage de fertilité.




La jeune mariée portait une fois encore la couronne de noce, qui était enlevée par son mari devant les témoins assemblés, comme un symbole de l'union sexuelle. Jusqu'à un certain point, dans l'antiquité, cette défloration rituelle a pu en avoir été une réelle, témoignée par les préposés hommes et femmes. Après le départ des témoins, vraisemblablement accompagné de beaucoup de paillardise et d'hilarité comme cela était usuel dans les noces aux mœurs rustiques, le mariage était consommé. Le rêve de la jeune mariée au cours de cette nuit était noté, car il était tenu pour être prophétique du nombre d'enfants qu'elle porterait, de la fortune de son mariage et du destin de ses descendants.


Le cadeau du matin


Le matin suivant, le mari et la femme étaient de nouveau séparés pour peu de temps. Les femmes préposées aidaient la jeune mariée à s'habiller et désormais ses cheveux étaient tressés ou attachés en une coiffure réservée aux épouses. Le symbole scandinave universel de la femme est ce qu'elle portait à présent comme sien : le hustrulinet, un long tissu de lin, finement plissé et blanc comme neige. Il y avait plusieurs variantes de cette coiffe. Généralement les reconstitutions décrivant un style de bandeau austère porté sur la tête en donnent une idée fausse.


Le hustrulinet, une bande de tissu ornée de fils métalliques de brocart qui était liée autour du front, était épinglé à un filet. Les découvertes archéologiques donnent des exemples d'un capuchon ou d'une longue coiffe de soie qui a pu être portée en lieu de hustrulinet et quelques sites de sépultures de femmes sont connus pour contenir des épingles de 13 à 20 cm de long posées à côté de la tête, qui pourraient avoir attaché un voile tel que l'hustrulinet par-dessus les tresses enroulées ou retenues dans un filet comme exposé précédemment. Cette coiffe était portée comme un signe d'honneur et en gage de son nouveau statut d'épouse, la distinguant dans son foyer des serviteurs et des concubines. Il existe certains débats quant à savoir si la tradition de porter le hustrulinet n'aurait pas été importé par le Christianisme au Xème siècle, tant les découvertes de coiffes diverses dans les sépultures augmentent brusquement au cours de cette période; cependant, il est indéniable que les archéologues ont découvert des coiffes datant du IXème siècle et même avant, situant cette distinction des fonctions de maîtresse du foyer directement au cœur de la période viking païenne.


Une fois vêtue comme il se doit, la mariée était escortée dans la grande salle pour achever les conditions légales finales du mariage. Devant les témoins, le mari payait à sa femme le "cadeau du matin", signifiant que le mariage était maintenant consommé, et lui confiait la garde des clés ouvrant les diverses serrures de sa maison, symbolisant ainsi sa nouvelle autorité en tant que maîtresse du foyer.


Voilà pour les informations historique du mariage Viking. Dans un prochain article, je parlerais un peu plus en détail des vêtements et autres apparat.




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